Le Noir dans le Blanc

Ecriture. Photographie. Réactions.

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Orgueil

Brisée ton ardeur 

Dans la fumée noire

Tout s’évapore même 

Nos souvenirs enchanteurs.

Loin de toi je ris aussi

Dans le bleu de ma nuit.

Ton attention je l’ai jeté aux fauves

Et tu restes endormie

Auprès de ton félin disgracieux

Pleine d’envie de mes bras 

Qui prennent ta fragilité en moi. 

Tu peux enterrer l’idée 

De me conquérir tout entier 

Avec ma sensibilité 

Encore fumante dans une tombe 

Qui attend patiemment

D’être recouverte de terre non fertile. 

Sauter la haie de l’isolence 

Pour mieux te haïr encore

Et que rien ne l’emporte

Car ma victoire ne peut aller

Qu’au trou noir qu’à fait l’Amour maudit

Dans ton petit coeur solitaire. 

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Relation à court terme
La création du désir 
Est ainsi faite, virtuellement
Ca part en vrille 
La spirale de l’invisible
Avale tout sur son voyage
Il ne reste même pas quelques souvenirs
Sans grand intérêt
Beaux dans leur maigres détails
Avant il y avait les photos
Avant il y avait les mots
Avant il y avait l’attente
L’empreinte dans le sable
S’efface sans douleur
On survole la plage
On se baigne à peine 
Dans la mer du désir. 
J’aime y tremper mes pieds
Les sentir s’enfoncer au grès des vagues
Je voudrais mouiller mes mains.
Je ne sens plus l’eau.
Je ne sens plus rien.

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Je n’en peux plus de ce silence. Je veux être soulagé par ta parole. Un signe. Il y a les images mais il n’y a plus de mots. Ton intelligence a disparue. Je pense à nous, désintegrés, la nuit. Ça m’angoisse. Je voudrais être confus comme toi mais je n’arrive pas. C’est trop tard. Tu m’as mordu. Tu es repartie. Avec tes yeux de loup. Putain. C’est trop. Pour moi, pour toi. C’est brouillon. Envolé, le petit oiseau aux multiples coiffures. J’ai un peu mal. Beaucoup. En tous cas, mes yeux restent ouverts. Voulant un signe. Tu as a gagné. Je ne veux pas que tu sois plus forte. Tu ne l’es pas. Je ne te montrerai rien. Il me faut un souvenir de toi.

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Petits papiers volants

La parole c’est brosser l’air dans le sens du poil. Mon peigne s’est cassé toutes les dents lors d’une virée grotesque de mon cerveau par terre. On ne voulait plus que je parle. Peut-être que j’en disais trop. Peut-être que mes phrases n’étaient pas utiles pour le monde. Maintenant, avec mon brouillon verbal j’ai l’impression de construire une tour de Babel sonore. J’empile les mots les uns sur les autres. Ce sont des petits papiers volants avec des lettres écrites dessus. Il y en a des millions, des milliards collés ensemble qui forment la tour des mots. La parole est emprisonnée tout en haut dans une petite pièce secrète. Elle crie car les murs de mots insensés se rapprochent d’elle pour l’écraser et en faire de la bouillie. Personne ne l’entend. Elle est a des kilomètres du sol. A quoi sert-elle vraiment puisqu’ici on ne peut plus rien dire ? Elle souffre certainement là-haut mais ne vaut-il pas mieux cela que d’avoir une parole forcée d’affronter le jugement pourri des autres. C’est à force d’être jugée sans cesse que la pauvre parole se replie sur elle-même et meurt à petit feu d’un cancer provoqué par les autres. Je vote pour une parole libre. Une communication folle. Imaginez une parole lancée à un autre dont la réponse n’aurait aucun rapport avec ce qu’on vient de lui dire. Ici, l’expression est possible. La parole doit être ivre pour être libre. 

Je ne veux plus parler. Laissez-moi. Et si des mots qui ne vont pas ensemble sortent de ma bouche spontanément, tant mieux, ça brouillera les pistes. 

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Je manque désespérément de ton affection.

Il ne faut jamais oppresser une femme puisque sa façon rancunière d’aborder une relation fera en sorte qu’elle vous fuira comme la peste. Mais quand on est en mal d’amour, une poussée soudaine nous prend qui nous amène à oppresser l’autre dans notre recherche continue de réponses qui nous paraissent vitales. 

C’est toujours quand on a besoin d’un peu d’amour pour réchauffer l’âme qui commence à tiédir pour ne pas dire basculer vers une violente givrée que la femme s’en va, au loin, reste inaccessible, comme si elle ne voulait pas être là quand on a besoin d’elle. 

Je ne comprendrai jamais les femmes mais je sais jouer avec. C’est un peu comme les domino, quand on en a fait tomber une, elles peuvent toutes tomber. Mais tomber ne signifie pas ‘bouleverser’. La passion ne se crée pas en tombant elle se fait d’abord en chancelant, à droite, à gauche, l’esprit file puis s’abandonne. Quand on tombe seulement, l’esprit file mais il reste toujours un peu là, conscient qu’il y’aura un après, que ce moment là est à vivre, un point c’est tout. 

J’ai énormément de mal avec le fait d’oublier ce qui m’a fait du bien. Tirer le trait. Je veux toujours revenir quand il ne faut pas, même évidemment quand on ne veut plus de moi. En revanche on m’oublie facilement, et c’est normal puisque je suis un connard qui profite seulement, fais tomber les demoiselles sans les relever. Ma douceur extrême cache ma froideur lorsque je fuis.

Et pourtant j’aime les femmes. De tout mon être. Il n’y a rien d’autre qui m’attire le plus, qui court à ma perte. C’est de l’art vivant, une matière infinie de beauté, des traits combinés de mille et une manière qui me fascinent. Je ne peux pas m’empêcher de tourner la tête sur une belle femme dans la rue car il faut que j’analyse ses formes et sa manière d’être et je me tournerai à chaque fois car cette perfection ne peut pas me lasser. Ce mélange de glorieuses courbes et d’allure élancée qui brasse l’air de manière si élégante me questionne sans arrêt, m’inspire et sublime mon esprit.

Et c’est à cause de cette manière d’être si érotique qui est aussi calquée sur leur psychologie que je ne peux m’empêcher de jouer avec elles, que je ne concrétise rien puisque tout est dans la sublimation, dans la surface. 

La profondeur me fait peur. Les filles qui détectent mon jeu me le font savoir et même celles qui ne s’en étaient pas douté, finissent par le découvrir et au fond ne me confie pas leur amour précieux mais m’enveloppent d’un petit bout de tendresse qui me tue à petit feu car la tendresse est éphémère. 

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Portrait fragmenté
En millions de petits morceaux
Qui un par un
Collés ensemble,
Aglutinés par le temps,

La masse du sablier,
Forment mon esprit
Mon teint, ma différence,
Ma grâce. 
J’en prend un parmi tant d’autres
Et dans ce verre luisant
Le souvenir de mes vingt ans
Resurgit comme une boule de feu
Dans mon histoire de conquérante.
Il faisait froid
La pluie tombait,
Ruisselait,
J’avais peur.

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La fuite de mes pensées barrent la route à mon imaginaire éclairé.

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Manger manger 
Mon esprit avale les femmes
Et laisse sur le bord de l’assiette
Sa délicatesse juste là
Pour l’accompagnement du met divin.
Mais le divin est sorti de la femme
Il ne reste plus que de la chair
A mastiquer fade
Belle en surface
Sous la peau c’est pas radieux
Zéro exostisme
Pas assez sucré
Encore moins salé
La couleur du venin est glaçante. 
Manger manger
Je ne veux plus avaler ces fausses saintetés.  

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Le culte du beau resplendissant dans un esprit pastellisé, glacé dans une virilité réduite à néant et féminisé intentionnellement. Petits muscles et force proche de zéro. Idées inexistantes ou piochées dans la masse, non confrontées aux autres car ils sont forcément d’accord pour que le conflit soit évité. Doux sourire sur des lèvres rosées. Une bouche hypocrite qui ne sort jamais d’éléments subversifs mais uniquement des sottises qui font rire les sottes et les copains au cerveau moulé grâce à la Machine médiatique (M majuscule, trop importante car trop bien huilée). Ainsi voilà l’homme moderne. Parfait dans son rôle de petit homme sain, sans reproche et sans risque de bavures intellectuelles commises, mais sans risque d’aller vers la déstabilisation de l’Empire non plus.

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Deux corps qui tentent de se croiser dans la rue mais qui n’y arrivent pas et s’engouffrent dans un mimétisme pathétique. Remuant les jambes et tournant le corps en espérant que l’autre, salopard, aille dans la direction différente. Il faudra plus de 4 tentatives pour enfin les séparer. Leurs yeux, en alerte, criant de désespoir. Enfin, ils peuvent continuer leur chemin après cette insupportable rencontre éclair.

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Ecume salée

Je suis le sable que les vagues atteignent toujours de leur folle écume. 
La sécheresse ne me connais pas et j’en sais encore moins sur elle.
Puisque je suis toujours trempé jusqu’aux os de toutes ces idées
Qui maintiennent mon esprit dans un bain au calme affolant. 
C’est reposant au contraste de la tempête qui se prépare.
Dès que je pense à elles. Dès que je pense à toi. 
Dès que c’est la nuit dans mon monde. 
Ma malicieuse bien-aimée tu entres
Et tu fais ta vie avec la mienne.
Tu danses sur une plage 
Très loin de ma vue.
Mais je t’entend.
Ta belle folie.
Inoubliable
Atypique

Joueuse.

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J’ai pédalé un peu. Le chemin je le connais par coeur. Et pourtant chaque fois que je l’arpente c’est différent. Toujours aussi dangereux, immersif, bruyant, suant. Arrivé au centre de tri désaffecté, ma destination, je ne pose même pas pied à terre. Le panneau qui indique que l’endroit est vidéosurveillé me dissuade de passer la barrière. Je veux y rentrer. J’aime rentrer dans les lieux où les gens en sont parti. C’est bien plus intéressant que de se balader là où tout le monde est prêt à épier l’autre. Il n’y a aucun jugement dans un endroit vide. On ne se sent épié que par le vide lui-même et les murs qui l’entourent emploient un langage inconnu. Mais ils traitent de quelque chose. C’est certain. 

J’ai peur de rentrer. La peur, toujours. Cette peur infâme. Je fais alors demi-tour comme une pauvre moule frivole, mon destin photographique bouleversé par un panneau de ferraille. La maison du bâtiment est ma nouvelle destination, un petit imprévu que je m’octroie en ce dimanche après-midi bien solitaire, boudé de mes femmes et loin de ma famille. La ville est mon terrain de jeu. Qu’ils aillent tous se faire foutre. 

Alors je gare mon vélo au pied de la haute tour abandonnée. Elle m’impressionne déjà d’en bas avec ses fenêtres déglinguées aux vitres morcelées. Ca pendouille, c’est triste, c’est posé là comme une merde sur la ville, on sait pas ce qu’il y a à l’intérieur. J’adore ça. J’aperçois un groupe de jeunes devant l’entrée ou plutôt le trou créé par des gens comme moi qui ont envie de rentrer dans le monde du vide. Dès qu’ils me voient ils s’arrêtent tous de parler et me fixent comme si j’étais un flic en civil. Je trouve ça marrant de voir ce gang de puceaux aventuriers me regarder de la sorte. Ils doivent avoir 15-16 ans, pas plus. Je m’adresse à un blondinet aux cheveux longs pour savoir s’ils sont déjà monté. Le gang se sépare à cause d’une bagarre. Ils sont chauds et n’ont pas l’air si sages que cela, au final. Un mec plus sérieux que les autres qui saigne des jambes envoie des graviers mêlés de verres sur son pote, ambiance garantie au pied de la tour. Il veut me conduire en haut car il a un couteau à chercher. On part donc à deux. Il retrouve son couteau rapidement et nous conduit à l’escalier principal qui nous mène à mon toit du monde. Je suis déjà venu ici deux fois. Se demander si un type qu’on connait depuis trois minutes au plus va me menacer avec son couteau pour me dépouiller est la nouveauté de ce jour comparé aux autres. Ca rajoute une petite dose d’adrénaline. Finalement, arrivé en haut il me quitte, pressé. Je lui serre la main et il disparait. 

Me voilà seul, survolant la ville. C’est la première fois que je suis seul ici. Prisonnier des murs qui semblent souffrir, condamnés eux-mêmes par l’abandon et l’ignorance. A chaque porte franchie, à chaque mur dépassé, je m’attend à apercevoir quelqu’un. Mais personne ne vient. Il n’y a que le vide qui m’angoisse et qu’au fond je recherche. Je veux qu’il rentre dans ma tête aussi. 

Et puis au-delà de l’angoisse il y a la peur. La peur de mourir. On peut mourir de centaines de manières différentes ici. On pense plus à la mort qu’à la vie car ce lieu n’a strictement aucun futur à part sa destruction qui ne saurait tarder. Ou certainement sa reconstruction qui est une forme de mort aussi, une dalle reposée sur le passé. Je ressens les instincts primaires de l’être humain en étant ici. La survie, stopper la peur et la recherche de confort physique et psychologique. Les femmes, l’argent, le sexe, l’art même, tout ça passe en seconde position après nos besoins primordiaux de survie. Et c’est bon de le savoir. C’est bon de se rendre compte que nous avons certains intérêts qui passent avant d’autres. C’est aussi intéressant de savoir que l’imagination est secondaire et primaire à la fois, dans le sens ou elle intervient dans le processus de la peur, nous mettant en tête des idées farfelues alors que tout va bien. Quelque part, elle joue un rôle protecteur.

Je ne suis pas resté longtemps aujourd’hui. Je n’ai pas profité. Seulement une photo prise, une photo d’encadrement de porte arraché. En descendant je me suis perdu un instant puis la sortie s’est dessinée devant moi. Les jeunots n’étaient plus là. 

Ce soir j’ai pris un bain brûlant. Pas trop long car j’avais du mal à respirer à cause de la chaleur.